FESTIVAL ELECTRON 2011: FINAL EN APOTHEOSE
Du jamais vuà Genève ! Parole d’autochtone… La Patinoire des Vernets, nouvel espace dédié aux grosses pontes de la scène électronique, a donné au festival des faux airs de rave party. Le Festival Electron a trouvé mesure à sa démesure, auprès d’un public qui a accueilli la nouvelle configuration avec un élan enthousiaste. Genève, nouvel épicentre culturel électronique? Affirmatif.
COMMUNIQUE DE PRESSE - 25 avril 2011
Electron by night
Le pari n’était pas gagné d’avance. Implanterà Genève, transformée pour l’occasion en centre culturel électronique, un festival aux allures d’événement musical extraordinaire, tout en gardant une dimension humaine. La nouvelle configuration du festival, qui proposait un nouvel espace clubbing d’envergure, une collaboration avec leGRÜ/Théâtre du Grütli et un point workshops/brunch à la nouvelle salle de la Fonderie-Kugler – en plus des pôles historiques du festival que sont l’Usine, le Palladium, l’Alhambra et le BAC – a été à la hauteur des attentes des organisateurs : ce sont ainsi 18’000 personnes qui sont venus acclamer les 120 artistes programmés.
Le passageà l’échelle supérieure a ainsi parfaitement fonctionné. Si le public a tardé à investir les lieux en début de soirée le jeudi, la Modeselektion aux Vernets a concrétisé la plus grosse affluence du festival. Et dimanche, dès minuit et demi, l’Usine affichait complet pour un final en apothéose sous les sons experts d’Agoria qui ont résonné jusqu’au petit matin.
A la Patinoire des Vernets, convertie pour l’occasion en énorme salle de concert, les têtes d’affiche ont fait honneur à l’espace qui leur était dédié. Le public a accouru en masse en ouverture de festival pour assister à la rencontre inédite et incontournable entre Miss Kittin et Modeselektor, une affiche qui a dépassé toutesles attentes. Le lendemain soir, faisant suite à l’énergie survoltée des Buraka Som Sistema, la star américaine Diplo a donné une leçon d’entertainment à une foule déchaînée : une performance sur le fil, entre commercial et underground, qui a offert au public suisse la plus grosse soirée dubstep en terre helvétique. Samedi soir, les Vernets accueillaient pour la soirée de clôture à la patinoire les maîtres ès Electronica Kruder& Dorfmeister : un show audiovisuel hors norme qui a réuni trentenaires et jeunes avertis. En fin de soirée, la machine de guerre Dave Clarke a justifié son statut de baron de la techno, en donnant à la soirée une véritable raisonnance de rave party. Tout au long du festival, la superproduction de la salle des Vernets a donné à Genève des airsde grande capitale européenne, de l’avis de nombreux spectateurs.
Parmi les révélations de cette nouvelle édition, on retriendra la prestation électro-sans-machines des Autrichiens d’Elektro Guzzi, qui ont médusé le public du Rez de l’Usine jeudi soir. De l’autre côté de l’Arve, le fleuron de la nouvelle vague sud africaine, Spoek Mathambo, a emballé le public avec son électro-tech futuriste et donné de la voix le lendemain sur le set de DJ Rashad, et les footworkers, au Rez de l’Usine.
Personnage atypique et inimitable de la scène électro britannique, Beardyman a littéralement enflammé la salle du Rez, avant de laisser la place à un Niveau Zero d’anthologie. Sur la scène de Vernets, Siriusmo, le petit prodige de l’électro, nouvelle recrue des Monkeys de Modeselektor, a donné raison à ceux qui le considèrentdéjà comme le nouvel Aphex Twin. Samedi soir, on accueillait sur la même scène un Mondkopf en grandes pompes, qui a prouvé dans une configuration minimaliste qu’il était bel et bien la relève de la French Touch.
Au rang de prestations d’anthologie, on citera celle d’ANBB, véritable événement de cette huitième édition, celle de Ryoji Ikeda, sculpteur électronique inénarable, et celle d’un Cut Chemist aux mains d’argent.
En tant que festival de culturesélectroniques, Electron a proposé également un large éventail de spectacles, en marge de la scène purement clubbing. Ainsi, la performance de Yann Marussich, accompagné des légendaires Cartur Tutti, a été qualifiée par Michèle Pralong, co-directrice du GRÜ/Théâtre du Grütli, comme « la meilleure création de toute la résidence de Yann Marussich au GRÜ/Théâtre du Grütli. Sublime ! »
Quantà la collaboration indienne, elle a culminé dans la prestation de DJ Hamza aux Vernets, accompagné de danseurs Bollywood et de percussionistes. Le directeur du Global Groove Festival, Amit Saigal, invité de marque cette année, s’est réjoui de cette magnifique collaboration et envisage déjàune suite en terre indienne !
Electron By Day
On oublie bien souvent que le Festival Electron n’est pas qu’une messe électronique nocture. Dès 10h du matin, la manifestation a convié les curieux à des workshops, parmis lesquels les Live Connections qui ont abouti en une présentation publique très appréciée : Alain Crevoisier, Cristian Vogel et Gilles Jobin, initiateurs de ces workshops, se sont montrés très satisfaits de la fréquentation et de l’accueil. La nouvelle salle de la Fonderie-Kugler, qui inaugurait alors son espace, a en plus été le lieu de brunches, qui ont régalé les festivaliers du jeudi au lundi.
Last but not least, le GRÜ/Théâtre du Grütli a été le théâtre d’un événement skate incontournable. L’initiative skate a ouvert le bâtiment du Grütli sur l’extérieur, offrant aux curieux un spectacle atypique en ce lieu. Les skateurs se sont montrés très enthousiastes à l’idée réhabiliter, le tempsdu week-end pascal, ce lieu mythique, et ils ont fait le déplacement depuis toute la Suisse. Les Suisses Allemands se souviendront ainsi longtemps de leur « Genfer-trip ». Entre ambiance familiale et block party, l’équation arts visuels, musique et sport a admirablement fonctionné, aidée dans sa tâche, par une météo très favorable, qui a convaincu badauds, curieux et convertis.
Le bilan final se veutà l’image du festival : entre grandeur et qualité, Electron a su désengorer son espace pour offrir à un public conquis un magnifique festival. On retiendra de cette huitième édition, l’ampleur prise par le festival, la qualité de l’accueil, le confort des déplacements, la programmation incroyablement riche et une couverture médiatiqueeuropéenne de plus en plus large.
Festival de culturesélectroniques à part entière, Electron a offert à tous les publics l’occasion de sa familiariser, de 10h du matin à 6h du matin, et dans tout le centre de Genève, avec les différentes facettes de la culture électronique.
Genève nouvel épicentre culturel électronique ? Définitivement.