23.04.2020

NOISE

Comment le bruit environnemental impacte-t-il sur notre bien-être, qu’il soit physique, mental ou émotionnel ? Voilà une question pertinente quand on réside en milieu urbain. Les nombreuses nuisances de la ville perturbent notre quotidien et nous affectent, quel qu’en soit notre degré de conscience. Difficile de déceler, en effet, pour un citoyen lambda, chacune des multitudes de sources sonores qui contribuent à cette pollution urbaine. Ce qu’il perçoit en général, c’est un bourdonnement global, plus communément appelé « bruit blanc ». Présentée en première à la Tate Modern de Londres en novembre 2019 par le collectif d’art ANALEMA GROUP, l’installation « Noise » a pour but de mettre en exergue cette problématique en éveillant le public au tumulte sonore qui l’entoure, en l’incitant à découvrir ce dernier sous un aspect nouveau et en le questionnant sur sa relation au bruit de manière interactive.

Des microphones, disséminés dans des lieux stratégiques du canton de Genève, capturent les sons de l’environnement pour restituer en temps réel ces paysages urbains sous une forme aussi bien sonore que visuelle. Grâce au système de diffusion multicanale, le public peut visualiser, mélanger et créer son propre « mix » de flux sonores pour donner vie à des paysages immersifs très personnels. Les visiteurs sont ainsi amenés à dessiner leurs perceptions individuelles du son, sous la forme de « partitions graphiques », pour ensuite expérimenter ces représentations comme des paysages sonores géométriques qui leur sont, bien sûr, totalement propres.

Le projet, qui fait partie d’une exposition itinérante destinée à mesurer l’impact du bruit sur notre bien-être, rassemble scientifiques, artistes, communautés locales et grand public.